Botanique
Le jardin botanique se dote d'un bassin... et de plantes aquatiques!
Le Jardin possède depuis son origine un bassin en son centre, enjambé par une passerelle à balustrade métallique. Il offre au regard une belle perspective, relevant par sa linéarité les courbes des chemins et des parterres botaniques. Nous avons toujours eu pour projet de le végétaliser, mais il fallait rassembler efforts et budgets. C’est chose faite !
En 2022, un projet réalisé par des étudiants bioingénieurs de Gembloux, encadrés par les professeurs de botanique Patrick du Jardin et d’écologie Grégory Mahy, a défini les objectifs pédagogiques et écologiques, proposé plusieurs scénarios d’aménagement et rédigé un cahier des charges. Ce travail a été le support d’une demande de financement introduite l’année suivante dans le cadre de l’initiative « Gembloux campus durable ». Acceptée, la demande a permis de sélectionner le maître d’œuvre et d’engager les travaux à la fin de cet été 2024. Simon Biver, jeune ingénieur diplômé engagé comme assistant en Botanique, s’est investi avec passion et rigueur tout au long du projet.
Les travaux prennent fin et nous ne résistons pas à l’envie de vous en montrer le résultat !
Pourquoi un bassin dans un jardin botanique ? Les raisons sont multiples. Rappelons que le Jardin a pour ambition pédagogique d’illustrer l’évolution des plantes à fleurs, la disposition des familles botaniques dans les parterres rendant compte des liens de parenté tissés par l’histoire évolutionnaire des plantes. Or, les plantes aquatiques et amphibies s’avèrent en compléter remarquablement le récit.
Par exemple, les Nymphéas appartiennent à l’ordre des Nymphéales, qualifiées de Protoangiospermes dans la mesure où ce taxon se serait séparé de l’ensemble des autres plantes à fleurs il y a quelque 120 millions d’années. Il conserve des caractères archaïques, tels que les nombreuses pièces florales spiralées montrant une transition régressive des étamines devenant pétaloïdes puis pétales, ou la pollinisation par des insectes broyeurs coléoptères. Le bassin accueille également des Monocotylédones archaïques, Acorales (l’acore) et Alismatales (le plantain d’eau). Mais d’autres groupes de plantes beaucoup plus évoluées s’y trouvent aussi : le trèfle d’éau est une Astérale (famille des Menyanthacées) et les Monocotylédones évoluées de l’ordre des Poales y sont représentées par les massettes (genre Typha, Typhacées), scirpes (genre Eleocharis, Cypéracées) et souchets (genre Sonchus, Cypéracées). En tout, dix-neuf espèces ont été introduites à ce jour.
Outre la phylogénie de ces plantes, le bassin montre également leur diversité écologique. Nous avons en effet aménagé trois paliers dans la longueur du bassin : une zone à profondeur d’eau de 5 cm, une autre de 15 cm, la troisième de 90 cm. Ces paliers permettent d’implanter une plus grande diversité de taxons et illustrent la zonation de la végétation dans son milieu naturel. Ultime raffinement : une zone de débordement a été créée en dehors du bassin, afin de « mimer » une plaine alluviale, accueillant angéliques, reines-des-prés et bistortes, parmi d’autres.
La fonction du bassin est également écologique : participer au réseau écologique du campus, en créant une zone d’accueil pour la faune, complémentaire des étangs et jardins de pluie. Aucune introduction volontaire d’animaux n’est prévue, mais il ne fait pas de doute que la végétation du bassin sera visitée et colonisée par des espèces spontanées, dont on pourra faire le suivi.
💡 Le Jardin est accessible pendant les jours et heures ouvrables à l'Avenue Maréchal Juin, 5030 Gembloux : consultez le plan du campus.
Jardin botanique
Publié le 15/10/2024
